La gauche la plus bête du monde ?

« La France a la droite la plus bête du monde. » s’exclamait dans les années 50 un praticien du genre bête, le dirigeant socialiste Guy Mollet. Aujourd’hui on peut se demander si la bêtise n’a non pas changé de camp mais contaminé le Parti socialiste. Nous aurions alors en plus de la droite la plus bête du monde également  la gauche la plus bête du monde.

J’ai pensé dès le début que François Hollande n’était pas le bon candidat mais j’étais loin de m’imaginer qu’il allait révéler aussi vite que l’on ne pouvait guère lui faire confiance. Dès sa nomination comme candidat, il nous annonçait que le programme économique du Parti socialiste était à revoir.  Sous prétexte d’une crise qu’il n’a probablement pas su analyser avant.

Mais effacer purement et simplement du texte soumis à ratification du bureau national du PS une phrase clé de l’accort entre le PS et Europe Ecologie les Verts, il fallait le faire.

La question va dès lors bien au-delà de celle du Mox.

On peut désormais se demander quel crédit accorder à sa parole et comment cela préfigure sa façon de gouverner, si son penchant à céder au lobby nucléaire vaudra également pour les lobbies financiers ?

Même si le texte est rétabli, la bêtise a été faite. Elle en annonce d’autres.

Tintin sur la locomotive

Dans notre série Gare aux trains, comment oublier Tintin ?

Gare de Bruxelles-Midi. Septembre 2011

On ne compte pas les gares et les trains dans l’œuvre d’Hergé.
En voici un exemple fameux :

La planche 56 de l’album en noir et blanc de Tintin en Amérique (1932), ici reproduit dans la Gare de Bruxelles-Midi et dont s’inspire le texte qui suit.

Perché sur le devant  d’une locomotive à vapeur lancée à grande allure , Tintin est à la poursuite de Bobby Smiles, un redoutable gangster de Chicago.

[On notera que si Smiles est dans Tintin un gangster, on appelle aussi S’miles les bons points de fidélité de la SNCF ou de la Caisse d’Epargne entre autres]

Autour du héros on sent l’air vibrer, le souffle du vent chaud  qui se mêle au vacarme de l’imposante machine.

C’est tout l’art d’Hergé : sobriété et efficacité. Un trait net, droit, incisif pour l’homme et la mécanique, des traces discontinues et ondoyantes pour signifier l’horizon, la vitesse et les fumées.

La dictature politique des marchés financiers

On peut se réjouir de la disparition d’un pitre sur la scène politique italienne et européenne  – restera cependant  à nous expliquer pourquoi il  a été élu et réélu peut-être par certains de ceux-là mêmes qui aujourd’hui explosent de joie. Il n’est pas sûr cependant qu’il faille se réjouir tant que cela. Il y a même tout lieu de s’indigner car il ne faut pas se leurrer. La décision n’est pas celle du peuple italien. Elle est celle des marchés financiers.  En Italie, c’est carrément un homme de la banque Goldman Sachs – qui a conduit la Grèce là ou elle est – qui remplace Berlusconi, en Grèce c’est un ancien de la Banque centrale européenne.
Tout le pouvoir aux banques ?
On retiendra pour la suite – en attendant la révolte annoncée –  cette étonnante déclaration de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers sur la dictature des marchés financiers.

A la question du Journal du Dimanche :

Dans le cas de l’Italie, les marchés ont fait de la politique. Ils ont eu la tête de Silvio Berlusconi

Jean-Pierre Jouyet répond :

Ils ont fait pression sur le jeu démocratique. C’est le troisième gouvernement qui saute à leur initiative pour cause de dette excessive. Aux appréciations quantitatives qu’ils sont amenés à faire pour évaluer la capacité d’un État à rembourser ses dettes sont venus s’ajouter des jugements qualitatifs. Pour les marchés, Silvio Berlusconi n’était plus l’homme de la situation et l’envolée des taux d’intérêt de la dette italienne a été leur bulletin de vote. Nicolas Sarkozy, à l’inverse, est plutôt bien noté pour le moment [on notera cet admirable pour le moment !]. Mais à terme, les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait. Notons au passage que la Grèce a nommé Premier ministre un banquier central et que l’Italie s’apprête à désigner un ancien commissaire européen et homme de Goldman Sachs…

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